Crimes et Châtiments - Les 70 jours qui ont transformés un sdf en tueur en série

Affaire

Les 70 jours qui ont transformés un sdf en tueur en série

03 Nov. 2015
AFFAIRE

Les jurés de la cour d'assises de Bruxelles-capitale ont eu le difficile rôle de décider du sort de Ionel Ludusan, un sdf roumain de 41 ans accusé à la fois du meurtre d'un compatriote musicien de rue, Costel Raducan, 43 ans dans un squat de Molenbeek-saint-Jean mais aussi du meurtre pour faciliter le vol de l'avocat et juge au tribunal de commerce de Bruxelles Michel van den Abbeele, 47 ans et d'une tentative de meurtre sur un passager du métro.

Il a donc fallu aborder les 3 dossiers séparément ce qui explique la durée exceptionnelle de cette session.

En ce qui concerne le meurtre de Costel Raducan, il semble qu'il s'agit d'une bagarre entre l'accusé et 3 membres de l'orchestre de rue qui habitaient le même squat. Il semble que depuis l'arrivée de Ludusan dans le squat, des tensions étaient apparues entre les habitants et celui-ci du fait de son comportement bizarre et de son agressivité, Plusieurs incidents ont été relaté par les témoins, Ludusan se bornant lui a répéter que ceux-ci l'avaient agressé,

Un mois avant les faits, la famille Raducan fêtait un anniversaire auquel Ludusan s'état invité, Il avait mal digéré que Costel Raducan lui demande de quitter les lieux et des coups avaient été échangés.

Les Raducan avaient entre-temps bénéficié d'un logement social et le 9 mai 2012 Costel Raducan était retourné chercher leurs affaires au squat. Lionel Ludusan l'a alors frappé de plusieurs coups de hache. La version de Ludusan comme quoi il aurait été agressé à coups de guitare a été mise à mal suite à la demande d'une analyse ADN demandée en cours de procès et qui a démontré que le sang trouvé sur la guitare n'était pas le sien mais celui d'un donneur inconnu.

Ludusan avait alors appelé la police avec son gsm ce qui a son importance pour la suite du dossier puisque c'est grâce à la surveillance de ce numéro que la police judiciaire pourra déterminer sa présence sur les lieux des autres faits.

En ce qui concerne le meurtre de Michel van den Abeele le 22 mai 2012 à Tervueren, Ludusan venait avec un complice de voler des pièces en cuivre dans un immeuble abandonné avait été repéré par la victime qui s'était mise à le suivre.

L'ayant rattrapé Michel van den Abeele l'avait accosté pour lui demander des comptes. Ludusan l'a alors frappé puis lui a porté 2 violents coups de couteau à la nuque et a la tête, précisant à la présidente au cours de son interrogatoire qu'il avait donné le second coup afin d'être sûr de le tuer car il n'avait pas à jouer au bon petit soldat et qu'il aurait dû se mêler de ses affaires, cynique !!!

Quant à la tentative de meurtre dans le métro, Ludusan ne semble de nouveau pas avoir envie de dire la vérité. En effet, il prétend avoir été agressé sans raison par la victime. Hélas pour lui, les caméras vidéo racontent une toute autre histoire, Il semblerait que Ludusan avait un gros problème avec les personnes d'origine nord-africaines.

On peut voir la victime passer le contrôle et Ludusan lui sauter dessus avant de le frapper de deux coups de couteau à l'abdomen. La victime parviendra à sortir de la station et à prévenir des policiers ce qui permettra dans la foulée l'arrestation de celui-ci.

Autant les experts psychiatres que les enquêteurs ont pu constater le tempérament glacial de l'accusé ainsi que son absence totale de remords. Une commission rogatoire en Roumanie mettra en outre en avant les comportements déviants de l'accusé. Il semblerait que celui-ci était un solitaire qui avait bouté le feu à de nombreuses reprises chez ses parents ou dans l'entreprise qui l'employait ou dans les endroits où il était hebergé. D'après les témoins, c'était sa façon de réagir lorsqu'il était contrarié.

Le témoignage des psychiatres et du directeur de la prison font froid dans le dos,

Ionel Ludusan apparaît comme un schizophrène paranoique.

Il est un des seuls détenus à profiter d'une cellule individuelle vu les nombreux incidents, comme par exemple quand il accuse ses compagnons de cellule de « lui voler son air ».

Depuis qu'il est seul et sous haute doses de somnifères, anxiolytiques, antipsychotiques et neuroleptiques, il a l'air de se satisfaire de son sort, estimant qu'il a un toit, du chauffage et à manger régulièrement.

Maître Couquelets et Dequevy ont renoncé à plaider sur la culpabilité de leur client.

L'avocat général s'est montré quant à lui extrêmement sévère vu la gravité des faits et la dangerosité de l'accusé, réclamant à la fois soit la perpétuité soit 30 avec une mise à disposition du tribunal d'application des peines de 15,ce qui permettrait d'empêcher la libération de Ludusan pendant un nombre d'années indéterminé après qu'il ait purgé sa peine ce qui a révolté les avocats de la défense qui estiment qu'alors la peine encourue serait plus sévère que celle demandée pour le tristement célèbre Marc Dutroux.

Les jurés se sont entendus avec la cour pour prononcer une peine de 30 ans de réclusion.

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